21 juillet 2006
.Banalités..
J'aimerais posséder un avion, et l'emmener partout en un clin d'oeil. Je voudrais être immense, pour qu'elle ne voie que moi. Je donnerais 68,39% de mon salaire pour vivre près de chez elle, ou même à moins de 47 km, pour venir la surprendre dans sa rue, l'enlever pour un voyage à deux sur notre planète spéciale. J'ai rien de tout ça. J'ai à peine un salaire.
Des choses extraordinaires. C'est ce que j'ai envie de faire pour elle, même si elle pense que ce qu'on est déjà extraordinaire. C'est normal pour moi de tout lui donner, et encore je trouve que c'est pas assez... Pas assez pour lui montrer que je la veux, entière, telle quelle, telle qu'elle...
I WANT YOU
Remplir le caddie et s'engueuler car on n'a pas les mêmes goûts... Je pousse et madame remplit en galopant dans tous les rayons d'une grande surface... Mon rêve... Merde, oui!!!! Mon rêve de partager cette banalité avec elle!!! Car cette banalité ne serait qu'exceptionnelle : moutarde, dentifrice et salade pour ce soir... Et je ne parle pas des promotions sur les rillettes de saumon... Ma main sur sa taille pendant qu'elle choisit quelles pâtes sont les meilleures... Il paraît que ce sont toutes les mêmes... J'émets de sérieux doutes... Pas elle... Je crois qu'elle comprendra un jour... Que je l'aime bien plus que les pâtes!
' Tu veux un ou deux oeufs sur le plat ? '
' Je t'aime... '
13 juillet 2006
Our hopes ans expectations...
Inspiration totale... pas pour blogger désolée.. mais pour vivre! Pour vivre un truc super avec quelqu'un de super... Je me laisse totalement porter par le 'flow', et j'en profite chaque jour, chaque nuit presque autant! Ceci pourrait être le post du bonheur, mais pas du tout! C'est le post de la vie... Alors profitez-en mesdames, mesdemoiselles, messieurs, et ceux qui ne qualifiez pas pour ces 3...
Il y a des gens qui passent dans nos vies, alors arrangeons-nous pour que, si ça accroche, ça dure des plombes...
Si j'ai une chose à faire aujourd'hui, c'est me demander si j'ai assez profité de cette journée non?
A ce soir... Starlight!
14 avril 2006
...Tic...Tac...
Un coup d'oeil à ma montre, elle avance bien sûr, pour me faire croire que je suis déjà en retard, mais je sais de combien elle avance à la seconde près... Donc c'est une manoeuvre inutile. Je me mens. Ce pas en avant, c'est un peu comme un garde fous dans un hôpital psychiatrique. Pour les empêcher d'entrer. Ridicule. Enfantin même. Déjà une minute que je fixe cette aiguille qui n'accélère que dans les moments agréables. Je me reprends. Je fonce.
Direct à la voiture, presque chargée... Il ne manque que mon sac à dos, ma sacoche, deux étuis à guitare, et le sac à malice contenant mes trésors les plus chers que je garde toujours avec moi. Au fait, où sont mes lunettes de soleil? Où est ma carte bleue? Les papiers de la voiture? Une bouteille d'eau?
'Maman!!!!'
Je chantonne un peu sur la route, histoire de casser la monotonie du ronronnement de la voiture, du roulis causé par cette route sur laquelle il serait impossible de faire du roller, j'en suis sûre. Une cigarette pour faire passer le temps, la fenêtre ouverte pour chasser un peu cette odeur qui me répugne lorsqu'il fait chaud, et le tapotement de ma main droite sur le levier de vitesse, de la gauche sur le volant. J'essaie un roulement, il ne passe pas. De toute façon je conduis merde!
L'horloge de la voiture m'indique une heure encore plus avancée que ma montre. Mais je la connais bien aussi celle-là. En fait, il faudrait que je la règle au hasard, de cette façon je serais bien obligée de considérer l'affichage digital avec respect. Ensuite je me dis que je ne vais pas me tuer sur la route pour ça. Ce serait trop bête. Donc ils attendront. J'inventerai un beau petit mensonge histoire de brouiller les pistes. Une histoire de dingue, où je me serais faite contrôler par la douane au rond point du Galet; ils auraient fouillé ma voiture, retourné la banquette arrière, vidé la boîte à gants parce que j'ai une tête bizarre. Enfin, j'arriverais en retard parce que je n'arrivais pas à remettre la banquette en place. Satisfaite de ce drame inventé en quelques minutes, je me recale confortablement dans mon siège et fixe la route à travers ces verres teintés dont je ne peux me passer. Ils changent la couleur du monde. J'ai du mal à ouvrir les yeux sans.
Une fois de plus j'étais partie en retard. J'avais autre chose à faire. J'arrive à me mettre sur les nerfs toute seule parce qu'ils ne comprennent rien. Je ne me sens pas souvent bien dans ma peau, et lorsque cela se produit, je me laisse faire. J'aime la vie, je la savoure quand j'en ai l'occasion, surtout quand ce n'est pas le bon moment. En plus, je ne supporte pas les gens comme moi. Ce doit être la dimension la plus humaine que je porte en moi, ça me rassure parfois. Cela me donne un coeur de fortune. Un coeur qui bat et qui n'arrive pas à s'en sortir de ce tempo si instable que je lui fait endurer.
Ces gens qui m'entourent me semblent être en orbite, sans distinguer une once de ce que peut être mon 'monde'. Il est super simple mon monde, il est tout doux. Il est 'cosy' et il fait bon s'y échapper quand la réalité me fait marcher sur un mauvais fil. Je m'y sauve et m'y persuade qu'ici j'ai un abri pour l'éternité. Il ne cherche pas à me retenir, c'est moi qui lui cours après. Et parfois, ce n'est pas le moment. Pas le moment d'y entrer, pas le moment de venir au monde une énième fois et de tomber dans la spirale des priorités. Les priorités font de l'ombre à ce que j'aime créer, à ma simplicité, elles récurent le vernis du monde, et si on ne les respecte pas, la marginalisation se charge du reste.
N'empêche que quand je suis retard, c'est que je répugnais à sortir de ma bulle et à plonger dans l'obligation de céder à des gens qui ne comprennent pas. Ce n'est pas que je les méprise par mon imponctualité - je ne m'en excuserai jamais assez - mais je ne pourrais jamais leur expliquer! Ce genre de choses, de feelings ne se décortiquent pas sous un microscope. Je ne vois pas quoi dire de plus. Les gens qui percent le secret appellent cela rock'n'roll. Pourquoi pas...
Tout ne serait qu'une question de temps, ou plutôt de timing, pour concilier tous nos bonheurs?
31 mars 2006
Une rue, des hommes, des femmes.
Plantée, là, dans la rue, je restais comme bloquée par un souffle incertain, juste ici. Le froid me mordait un peu le bout des pieds, en attendant qu’une main bien heureuse veuille bien m’ouvrir la porte de chez moi, comme je n’arrivais pas à le faire moi-même. Mais le spectacle quasi silencieux que m’offrait le paysage pavé de mon quartier me tenait en haleine, me faisait attendre la suite, et même le commencement d’un acte quelconque qui sortirait de l’ordinaire. La volonté que l’on a parfois de vouloir voir quelque chose ne soupçonne pas souvent la souffrance qui se cache derrière des façades bien avenantes…
Tout d’abord se présenta devant mes jeunes yeux une petite fille, que j’entendis être nommée Cécilia, accompagnée de sa mère, tenant, subissant le cartable de la petite. Elles s’arrêtèrent devant l’immeuble en face de chez moi et engagèrent une négociation somme toute assez houleuse avec une voix masculine émanant de l’interphone crasseux trônant au pied du mur, tout aussi crasseux. Il semble que quelqu’un doit ouvrir la porte d’entrée. Dix bonnes minutes plus tard, un homme descend, sûrement convaincu par les cris et le compte à rebours martelé par Cécilia alors que sa mère fait semblant d’être en extase devant la vitrine de l’antiquaire le plus proche, priant sans doute pour que personne ne fit le lien entre elle et la petite qui criait des nombres sans foi ni loi, mais dans l’ordre. Un second homme descendit et il me semble avoir entendu qu’ils partaient tous à la fête foraine ayant lieu de l’autre côté de la Seine. Une question me vint à l’esprit : leur glauque histoire allait-elle donc bien finir, embuée de barbe à papa, de manèges grisants ? Toujours est-il qu’ils disparurent au coin de la rue, sans se préoccuper un instant de ce que j’avais pu voir ou entendre.
Pendant ce que je qualifierai de cette scène, un homme bien « entamé » qui avait dû passer les dix ou même quinze dernières minutes dans un bistrot de la rue d’à côté titubait en essayant d’atteindre le fameux coin de la rue. Il coupa la route à un couple de personnes d’âge mûr, s’appuyant tantôt sur le pied gauche, tantôt sur le droit, mais semblait cependant de bonne volonté : il était presque mignon, ou peut-être attachant. Il tenta même de guider un automobiliste citadin, donc stressé, à manœuvrer son véhicule afin de le rentrer dans son garage en lui faisant part de ses conseils imbibés, que l’homme occupé lui renvoya dans la face avec un geste désinvolte et méprisant qu’il n’aurait pas fait si le pochtron avait voulu l’aider à se relever après un malaise sur la voie publique, ce qu’il aurait trouvé normal. L’éponge portait un costume assez sobre et trop propre pour se laisser aller à un mal-être qui n’est saillant qu’aux miséreux.
Ensuite arriva un passant sans couleur qui salua toute la rue. Il me dit clairement bonjour et je lui répondis d’un marmonnement et d’un sourire, ce qui sembla le satisfaire, alors que je me sentais soulagée de ne pas avoir eu à en faire plus. Il me faisait peur, comme tous les inconnus, bizarrement. Mais je restais là, au spectacle au milieu de la rue, sans réfléchir, transpercée par une réalité qui ne m’intéresse pas forcément. Je reste. J’attends. Je bouge enfin.
Repue de
visions de tranches de vie qui ne m’appartenaient pas, que j’avais volé au
détour d’une rue pavée, je parvins à faire face à ma porte et à l’ouvrir,
apportant au passage le courrier à l’horloger d’à côté, que je trouvais très
gentil et courtois, et courant jusqu’à mon logement, que je trouvais si vide,
que je filai à la fenêtre, histoire de regarder ce qui se passait en face, sans
voir celui qui portait un pull rouge et qui regardait ce qui se passait chez
moi.
