20 avril 2006
No Smoking.
Je vais me mettre aux roulées. C'est une bonne idée les roulées. C'est tellement chiant à faire. Enfin en fait je n'arrive toujours pas à faire une roulée potable. Pourtant on m'a montré ça des dizaines de fois. Mais non, comme si je ne voulais pas, parce que ça fait pas top les roulées, ça fait même crade des fois, ça jaunit les doigts, c'est affreux.
Mais ça pourrait peut-être me dégoûter du truc. Passer d'une addiction à une autre est une bonne solution. Sauf que j'ai décidé d'arrêter les sucreries, les 'grasseries' et autres perversions alimentaires. Pour être en pleine santé. J'ai besoin d'être en bonne santé. Ma famille n'est pas en bonne santé, c'est pas dans notre génétique. Alors voilà, je veux arrêter toutes ces merdes qui me font courir à ma perte. La fumée en fait partie.
Je vais me mettre aux roulées.
01 avril 2006
What's an idiot ?
Crétinus est un abruti.
C’est un homme auquel on ne peut pas réellement donner un âge. Il est petit à
force d’avoir exécré la soupe étant enfant. Il est plutôt colérique et n’a
aucun ami avec qui écumer les magasins. Et alors ? Le monde n’a pas été
conçu pour que les gens fassent n’importe quoi avec n’importe qui.
Crétinus
n’adhère pas. Il est bien trop content quand les vitres sont invisibles de
propreté. Des vitres invisibles offrent une vue imprenable sur ce qui se trouve
dehors. Et alors ? Il est toujours utile de savoir ce qui se passe au
dehors. Savoir comment se comporter en conséquence.
Un
autre chapitre pourrait être consacré au moyen de trouver le bon déguisement
afin de passer pour quelqu’un qui ne s’est pas trompé d’adresse. Il est très
important de coller à l’ondulation régnante. Avec les bons crayons, les
vêtements adéquats et le dernier processeur dans son ordinateur noir métallisé.
Crétinus ne peut se permettre d’occulter les choses importantes : l’école, ou l'éducation, l’argent, le religion, la façon de parler en public… Quitter une femme et plusieurs enfants ne fait pas partie du processus. Ils n’ont pas demandé à venir au monde mais un abruti a décidé de ça pour eux. Sinon il aurait pu régler le problème en moins de dix semaines ! Crétinus a deux ou trois enfants, ou plus, qui sait ? Ils ont toutes les chances d’être névrotico-bipolaires. Quoi de neuf ? Ils n’ont pas envie d’engendrer des âmes perdues, car ils sont des âmes perdues. Tout ça fait que la ligne s’arrête ici. Bonne nouvelle.
Un abruti est un homme qui pense que Crétinus est lui-même un abruti. Un abruti
est quelqu’un qui n’a aucune excuse pour tout le mal qu’il a provoqué. Tu es
toi-même un abruti si tu ne sais pas pourquoi, et que tu ne veux pas le savoir,
et que tu es sûr d’avoir raison.
Je n’ai jamais dit que j’étais quelqu’un de bien…
On a tous dans notre vie raté une promesse. On ne l’a pas tenue. On l’a oubliée, par mégarde ou en toute conscience, mais on ne l’a pas tenue. Cette réflexion semble avoir une fâcheuse tendance à nous pousser à chercher une explication, une excuse relevant du subconscient et de ses aléas, de la psychologie du compliqué, mais tout cela n’est qu’un immense masque cachant la connerie humaine. En fait, nous sommes tous les pantins de notre égoïsme, et l’auteur s’inclus sans problème dans le commun des mortels, car il suffit de balayer un peu devant sa porte pour constater à quel point le modèle type de l’hommo sapiens sapiens est réduit…
Les conséquences ne sont pas pour autant faciles à assumer. Loin s’en faut, car si nous ne courions pas après les pseudos rattrapages de nos erreurs, si nous n’en faisions pas autant, autant que de réparations de fortune, boiteuses au même titre que blessantes, ne serions nous pas heureux ?
Peut-être est-ce là une putain de réponse à la question que n’importe quel imbécile est de nos jours capable de se poser : pourquoi un dieu malhabile de ses mains nous a-t-il façonné à son image et envoyé sur cette foutue planète, dont la fertilité, que je ne mets en aucun cas en doute, n’est exploitée qu’à des fins destructeurs ? Enfin, tant de questions auxquelles je ne prétends pas répondre, mais que je ne peux m’empêcher de me poser, chaque jour que celui qui tient les ficelles de nos vies fait, car je n’oublie pas que je ne suis au fond qu’un être imbécile parmi tant d’autres…
Mon masque, j’y tiens. C’est pour cela qu’il ne quitte jamais mon visage, ne mettant ainsi jamais à jour ce qui pourrait faire peur au monde, c’est-à-dire un choc. Le choc identique à celui que tout le monde cache ici bas, celui qui nous torture tant que personne ne veut ni le voir, ni admettre son existence.
Nous serions moins heureux néanmoins si nous étions morts, et encore moins si nous n’avions pas été vivants. Pourquoi cette certitude ? Pourquoi semble-t-elle nous faire avancer dans la vie surtout ? Ne sommes-nous pas encore plus des imbéciles de ne pas en profiter ? C’est quand même incroyable que nous tendions, à tout âge de cette triste vie terrestre, le bâton à la vie pour nous martyriser. Serait-ce la quête du bonheur, qui nous paraît si agréable à vivre, qui nous fait nous complaire dans la souffrance quelle qu’elle soit, et même à finir par l’aimer, à s’y habituer, à vivre avec sans s’en plaindre, si bien qu’elle fait partie intégrante de notre fameux masque…
Pour moi, il n’y a pas de réponse à la question de notre existence, ni à celle de notre bonheur, ni de notre malheur que nous apprécions tant. C’est quoi le bonheur ? C’est quoi à part profiter de ce que la vie nous offre ? Ce qui m’assomme ici tel une révélation suprême, que je connais pourtant depuis toujours pourtant, enfin il me semble, m’amène sans équivoque à la terrible, l’innommable notion d’égoïsme. En effet, le bonheur est égoïste. Qui peut prétendre sans mentir qu’il prend un réel plaisir à donner du bonheur aux autres ? Qui est en mesure de proclamer cela sans avouer en baissant les yeux que cela est une façon cachée de se prouver que l’humanité existe bel et bien ? Donc qui peut prétendre agir de façon totalement désintéressée dans ce monde désinvolte ? Ma seule déception est de savoir pertinemment que, dans l’attente qu’on contredise mes désillusions, personne ne le fera, ou du moins efficacement…
Tout cela n’enlève rien au fait que je sois heureux d’être à ma place, aujourd’hui, et ça m’emmerderait de devoir laisser ma place à un nouvel imbécile. Je sais bien que cet imbécile dont je me permets de parler sans vergogne, prendra la place d’un autre idiot, plus ou moins récent, et qu’il sera acclamé, et dont on dira que c’est une mignonne petite chose sans défense, mais qui s’apprête cependant à faire du mal, et pourquoi pas à faire le mal, sans défense bien entendu…
On me donnera peut-être raison, certes, mais qui réfutera l’éclair de lucidité qui me foudroya ce soir là ?
