Auteurs Vertigineuses

textes

26 décembre 2006

Silence...

    Un soir de plus sans l'entendre. Un soir de plus où ça me manque.

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04 juillet 2006

Just lose it...

    Avoir l'impression de perdre quelque chose d'inaccessible...

    Se battre quand même...

    C'est ça être un humain...

    ?

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08 mai 2006

37 heures...

    Trente sept heures sans sommeil et la vérité sort de ma bouche comme le lait se sauve de la casserole quand je l'oublie sur le feu et que je vais prendre mes huit minutes de bonheur sous la douche. Huit minutes, c'est ce qui m'a suffit pour me rendre compte que l'espérer encore ne servait à rien : elle me transcende, mais je la lie au sol...

    C'est la première fois que je n'ai pas le 'droit' de la suivre. De cette manière, je ne sait pas si elle s'en rend compte, mais elle me cloue les ailes sur la table de la cuisine, me baîllonne de mes mensonges, et me laisse attendre, alors qu'elle n'attend plus rien de moi, elle a déjà commencé à vivre, sans avoir le passage difficile que j'éternise de mon côté.

    Rien à foutre.

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26 avril 2006

' Issue de Secours '

    J'ai les pieds trempés, mes godillots sont recouverts de la boue de la pelouse parce que je n'ai pas eu le courage de prendre l'allée. J'ai bien du mal à ouvrir la porte de l'immeuble, il est tard, il fait nuit et j'ai l'impression de faire un bruit d'enfer. Comme quand j'ai du mal à trouver la serrure dans le noir, que j'aurais dû rentrer il y a quelques heures déjà, et qu'une présence maternelle m'attends dans l'obscurité du séjour. La confiance règne... De toute façon, je ne la mérite pas, ça c'est sûr...

    Donc je monte doucement les trois étages du bâtiment étudiant en essayant de ne pas réveiller tout le monde, ce qui n'est pas facile, vu que je porte sur mes épaules tout un tas de bazar, mal arrimé, qui valdingue de tous les côtés et harcèle les barreaux de la cage d'escalier à intervalles réguliers. Mais j'ai besoin d'emmener plein de choses pour être bien dans ma tête partout où je vais... Ne manquer de rien. En toutes circonstances.

    J'arrive en haut, je ne me suis pas trompé d'étage pour une fois, comme quoi on peut avoir les idées claires, même très tard et très gaie! Le panneau lumineux 'issue de secours' me nargue comme les six fois par jour en moyenne où je le vois, pendu sur son mur moucheté miteux et grisaillant l'atmosphère à la lueur de la lune. Ces lettres blanches sur fond vert me font croire depuis que je suis ici qu'il y a un 'ailleurs', et qu'on peut y aller le jour on l'on n'en peut vraiment plus de ce décor... Foutaises! Enfin c'est le recul qui me fait dire ça, parce que c'est partout pareil, on emmène la grisaille avec soi, la couleur est en nous, c'est nous qui la badigeonnons partout où l'on passe, c'est nous qui donnons vie aux choses. Je crois bien que je n'ai pas eu le 'color package'...

    Je parcours les derniers mètres jusqu'à ma porte. Je sors ma clef et lutte pour ouvrir. L'ouverture béante amène jusqu'à moi une odeur si familière qui m'indique que rien de constructif n'a encore été fait aujourd'hui. J'ouvre la fenêtre, frissonne, m'assieds à la table, mets la télé en sourdine et attends mon prochain cycle de sommeil. J'attends le prochain jour et le colore en noir à l'avance.

    J'ai vingt ans et j'ai envie qu'on vienne me chercher.

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20 avril 2006

Marre des claques

    C'est possible de changer? C'est possible de prendre des petits 'plus' chez les autres et de se les approprier, de les laisser nous rendre meilleurs? C'est relatif non? 'Meilleur' est un bien grand mot, 'différent' c'est plus juste.
C'est possible de se laisser faire, sans même avoir besoin de se dévoiler, se mettre à nu, juste se laisser aller, sans craindre de se faire avoir?

     J'ai des doutes.

    Je suis pas ouverte, c'est clair, j'ai pas forcément de personnalité, mais c'est peut-être comme ça que je minimise le mal... Je n'arrive pas à baisser la garde, même pas à cause de la peur fameuse de l'inconnu, mais c'est mon inconscient qui me guide, et j'ai du mal à garder la laisse en main... J'ai l'impression de ne pas me promener dans la vie, mais de me faire balader par elle.

    Marre des claques.

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19 avril 2006

Cheveux d'Ange.

    Une fois l'émotion passée, le chagrin ravalé, enfin non, plutôt déversé, à ma contre-habitude, je me cale dans un coin, je ne sais pas où; je ne connaît pas le temps qu'il fait dehors : la pluie m'enfoncerait dans mes limbes et un soleil radieux ne brillerait pas pour moi. Je m'installe donc et me questionne sur le pourquoi du comment. 'Mais comment en suis-je arrivée là?' : qu'est-ce qui a fait qu'un jour, j'ai respiré différemment, j'ai souris ou mordillé mon crayon d'une autre façon? Comment cette irrépressible envie de sourire s'est-elle installée sur mes fossettes?

    Je crois bien que c'est 'être amoureux', comme dans les livres, alors qu'on n'y était pas du tout disposé, ni même disposé.

    Je garde en tête ses petits cheveux, plantés dans un mouvement rebelle sur le haut de son cou, si fins. Si fins qu'apparemment on ne peut rien en faire, on ferait mieux de les couper. Moi je m'en fous, mais j'aimerais bien qu'ils restent pas loin ces petits cheveux, ne pas les perdre de vue, jamais.

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10 avril 2006

Matinée Merdique.

    Merde. Comme si cette journée commençait par un gros mot, un gros raté. Merde parce que je suis dans ma voiture avec un but, quelque chose à faire ce matin. Merde parce que j'ai quarante-cinq minutes de retard à un rendez-vous que j'ai moi-même fixé.

     Merde parce qu'il est déjà parti.

    Je ne sais même pas quand il reviendra, ni où il va d'ailleurs. Je l'appelle. Merde parce que messagerie. 'Vous pouvez laisser un message', puis 'Vous pouvez raccrocher'. Merde parce que je ne peux rien dire, je ne trouve rien d'intelligent, de pertinent ou fin à dire. Même pas une excuse bidon pour l'avoir manqué. Peut-être ai-je cru qu'il allait m'attendre.

    Merde parce que je n'aurais pas pu lui dire comment je l'aime.

    Merde parce que je ne sais même pas comment je l'aime. Lui il sait peut-être. Il ne dit rien car il a compris je crois. Il veut me protéger de ce que je me répugne à lui dire. Merde. Merde. Merde. Un jour je serai morte de rire et lui dirait en rigolant. Je l'ai déjà fait. Il a fait comme s'il n'avait rien entendu. Pourtant je l'aime. Mais je ne sais pas comment lui dire comment.

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Prendre le prochain.

    Fin d'après-midi. Sur la petite portion de trottoir entre les voies de bus et voies automobilistes. J'attends le petit bonhomme. Les voitures défilent et j'assiste à un presque drame.

    Pire que le spectacle est le sentiment d'impuissance qui m'envahit.

    Un petit garçon - trois ans peut-être - déboule d'une terrasse d'en face et s'élance vers la route! Je le vois trottiner gaiement vers la chaussée et me dis que si je crie ce sera pire. Si je crie, ça pourrait déstabiliser tout le monde, et surtout le conducteur qui pile juste à temps. Une bonne fessée sur le trottoir, deux profonds soupirs de soulagement de l'autre côté. Je traverse et me dis que j'ai bien mérité un petit crème.

    De toute façon, je ne sais pas crier.

    Le rendez-vous que j'ai attendu toute la journée n'est jamais arrivé. Bouger pour des gens qui ne bougent pas, c'est désopilant. Je me dis 'Tant pis' en attendant que la tasse refroidisse un peu. Je me suis déjà fait avoir. Je me fais tout le temps avoir. Peut-ête que faire partie des gagnants est ennuyeux. Peut-ête que c'est sympa au début. En même temps, ce n'était pas vraiment un rendez-vous. Personne n'était au courant.

    Aujourd'hui j'ai bougé pour rien. J'ai bougé tout court.

   J'ai dit à mon psy que parfois je restais un bon moment dans ma voiture, à l'arrêt. A attendre l'étape suivante. Regarder dans le vide. Regarder dehors. Laisser la ventilation doucement refroidir. Laisser partir un train. Sans moi à l'intérieur. Prendre le prochain. Faire demi-tour devant une porte fermée. Il m'a dit 'Attention dépression!'. Même pas déprime! J'ai dit 'Je sais'. Je peux aller bien, et mal cinq minutes après. Souvent, j'arrive à contrôler mon état. Je peux penser très fort à quelque chose pour qu'arrive mon Idéal ou mon Spleen. Comme si je décidais.

    Je ne suis pas retourné chez le psy. Je peux. Je bouge.

Posté par Timec à 23:35 - When it hurts - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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